LES COMMERCES TORCÉENS DE 1836 À 1970

La classification ci-dessous tient compte de la nature des produits ou services distribués. Cela ne voulant pas dire que le nombre de commerces indiqué est celui effectivement présent car des commerçants exerçaient, dans le même lieu (particulièrement dans la première moitié du 20è siècle où certains étaient des "superettes" avant la lettre !) plusieurs activités (ex aubergiste/ mercier/ épicier ou marchand d'eaux de vie/de faïences/épicier/mercier ou bien encore boucher/charcutier) Ces données sont tirées de l'ouvrage "Lagny, Chelles et leurs environs" de R.C Plancke (1987 Editions Amatteis) et du Bulletin Municipal annuel 1970.
Vous trouverez un descriptif des commerces soulignés en cliquant ici. ( à la fin du document qui va s'ouvrir)

 MÉTIER                          1836   1900   1930   1970     MÉTIER                                                1836  1900  1930  1970
AGENCE IMMOBIL.   00  00  00  01  MARBRIER FUNÉR. FLEURS ARTIF.  ??  ??   02   00 
ARTICLES DE PARIS   00   01   ??   00  MARCH. CHIFFONS, BROCANTEUR   00   01   00   00 
AUBERGE, CAFETIER   04  16   19   07  MARCHAND DE CYCLES   00   00   02   01 
AUTO-ÉCOLE   00  00   00   02  MARCHAND ALCOOLS A BOIRE   ??   04   01   00 
BLANCHISSEUSE  ??   02   00   00  MARCH. BESTIAUX, FOURRAGES   ??   ??   02   00 
BOUCHER   01   02   02   04  MARCHAND DE FAÏENCES   00   02   03   00 
BOULANGER   02   03   02   02  MARCHAND DE JOURNAUX   00   01   02   01 
BOURRELIER   04   01   01   01  MARCHAND DE MEUBLES   ??   01  01   00 
BURALISTE   ??  01   01   01  MARCHAND MODE, LINGERIE   ??   04   03   01 
CHARBONNIER, BOIS   ??   02   02   01  MARÉCHAL-FERRANT   03   01   01   01 
CHARCUTIER   01   04   03   01  MATELASSIÈRE   ??   01   01   00 
CHARRON   03   01   01   00  MÉCANICIEN   00   00   01   01 
CHAUDRONNIER   02   ??   00   00  MENUISIER, CHARPENTIER   09   03   02   01
SABOTIER, CHAUSS.  02   01   ??   01  MERCIER, BONNETERIE   ??   05   06   02 
COIFFEUR   00   01   03   02  PATISSIER   00   02   02   01 
CORDONNIER   05   03   03   ??  PEINTRE, VITRIER   04   02   03   01 
DÉMÉNAGEUR   00   01   03   00  PHOTOGRAPHE   00   00   00   01 
ÉBÈNISTE   00   04   02   ??  PLOMBIER, COUVREUR   02   01   02   01 
ÉLECTRICIEN   00   00   03   01  QUINCAILLIER   ??   01   02   02 
ÉPICIER   05   07   09   04  ROUENNIER, ART. ROUENNERIE   ??   04   04   00 
FRUITS ET LEGUMES   01   07   04   00  SERRURIER   03   02   02   01 
GARAGISTE   00   00   02   05  TAILLANDIER   ??   02   01   00 
GRAINETIER   ??   01   01   01  TEINTURIER   00   01   01   01 
HORLOGER   00   01   01   00  TISSERAND   02   ??   00   00 
HORTICULTEUR   00   00   02   01  TONNELIER   02   ??   00   00 
MAÇON   13   03   04   03  VOITURIER, LOUEUR, TAXI   04   04   01   01 

Zoom sur ... les Cafés et Restaurants Parmi les commerces, arrêtons nous sur les "cafés et restaurants". Ils connaissent une forte progression (en 1930, presque 5 fois plus qu'en 1836, soit un établissement pour 76 habitants !) Un phénomène qui trouve son explication dans trois facteurs. Le premier est la tombée en désuétude des "veillées", ces regroupement chez les uns et les autres, typiques des régions rurales, où on échangeait les "nouvelles" tout en faisant, en groupe, quelques travaux. L'information (vraie ou simple rumeur que l'on confie avec délectation sous le "sceau du secret") on la cherche désormais au café, lieu, à la fois, anonyme et convivial, fréquenté par les visiteurs et autres colporteurs de passage, "médias" avant la lettre). Le second, est la conséquence de la guerre de 1914/1918 et de son lot funeste de veuves (20% de la population active torcéenne a péri sur les différents champs de bataille !) qui, pour simplement subsister ouvrent un modeste café consistant bien souvent en la simple transformation de la plus grande pièce d'habitation. Rien que sur l'axe Grande Rue/rue de la Chapelle, on en trouvait plus d'une demi-douzaine ! La dernière est l'apparition du "tourisme du dimanche", issu de la conjonction d'un véritable phénomène de société à partir de 1908 (année où le "dimanche" est déclaré "jour non travaillé"), de la situation de Torcy en bord de Marne et de la présence d'une gare à proximité mettant la ville à moins d'une heure de la Capitale. Tout ceci va générer, le long de la route de Noisiel, le quartier des "guinguettes" ou "cantines".

(ci-dessous) 1 - La maison Naudin, auberge café restaurant sur la rue de Paris. C'est aujourd'hui le Scorpion. 2 - Le café Béguin en haut de la rue de la Chapelle. Aujourd'hui c'est une pizzéria. 3 - La buvette de la rue des Cornets. Elle n'existe plus. Par contre, un peu avant, il y a maintenant le café du Stade et, au fond, à l'angle avec la rue du Jeu de Paume, la brasserie du Jeu de Paume a remplacé le coiffeur de la carte postale. 4 - Le café "Au Bon Vin de Bourgogne" à l'angle de la rue des Tilleuls et de la Rue de Paris. Après avoir terminé leur vie commerciale comme auto-école, les lieux servent maintenant à l'habitation. 5 - Le café "Au départ de l'Autobus" de la rue de Paris n'existe plus. 6 - Le bar Hotel de la Poste, rue de Paris, face à la route de Croissy n'existe plus. 7 -  Plus rien ne rappelle, de nos jours, le café Tabac Siméon, rue de Paris. 8 - Le café restaurant des Familles, à l'angle de la rue de Croissy et de la rue de Paris a disparu dans les années 1960 lors de la construction du domaine de l'Etrier


































































  • Les "Pubs" d'un passé pourtant proche

En cliquant ici vous accèderez à un panorama de publicités émanant de commerces torcéens et parues dans la presse locale entre 1967 et 1979. Trente ans plus tard, la plupart d'entre elles ne correspondent plus à notre réalité.

LES MÉTIERS DES TORCÈENS ENTRE 1836 ET 1962

Si vous souhaitez connaître les sources ayant permis la rédaction de cet article, cliquez ici !

  • 1836, un village dominé par l'agriculture
 
AGRICULTURE
73%
COMMERCES
21%
SERVICES
06%

INDUSTRIE
00%

Nous découvrons un Torcy essentiellement rural et où, "grosso modo", les professions se répartissent entre deux catégories. D'un côté, l'agriculture au sens large avec les métiers de la terre (agriculteur, vigneron, manouvrier, journalier ...) et ceux qui en sont induits (charron, bourrelier, maréchal ferrant ...) De l'autre, le commerce de première nécessité s'approvisionnant plus que probablement chez les premiers (le meunier fournit la farine au boulanger, le boucher ou charcutier allant chercher sa viande sur pied chez l'éleveur, le cabaretier prenant son vin chez le vigneron ...) Torcy est alors un village rural de 700 âmes dont l'enclavement (il est adossé à la Marne dont le franchissement difficile ne peut se faire que par bac) conduit à vivre dans une certaine autarcie.
  • 1896, un bourg ouvert sur l'extérieur et attractif

AGRICULTURE
18%
COMMERCES
25% 
SERVICES
09%

INDUSTRIE
48% 
 
Le paysage change. A cela deux raisons majeures. La première : Le pont sur la Marne vient d'être inauguré et le train s'arrête désormais à Vaires. L'obstacle du fleuve n'est plus que souvenir et Torcy s'ouvrant sur le "monde" sort de sa torpeur. La seconde : L'expansion de l'usine Menier de Noisiel (dans les dernières années du 19è siècle, elle va embaucher 1700 personnes dont plus de la moitié vont venir des communes voisines) Les Torcéens sont désormais 1400 et si le nombre d'actifs concernés par les métiers directement ou indirectement rattachés à l'agriculture est pratiquement constant, leur poids dans l'économie locale a considérablement baissé (il passe de la moitié à moins de 20%. L'ére industrielle fait son apparition avec l'usine Menier et ses besoins en constante croissance. Près de 40% des actifs Torcéens y travaillent, soit à la fabrication du chocolat (les "chocolatiers"), soit en tant qu'ouvriers spécialisés (menuisier, layetier, forgeron....) L'accroissement de population fait aussi que commerces, services et métiers liés au bâtiment connaissent un développement rapide. En bref, Torcy est devenu un bourg marchand où on vient s'installer parce qu'on sait qu'il y a du travail à proximité.

  • 1931, industrie et commerce confirment leur "leadership"

AGRICULTURE
13%
COMMERCES
22% 
SERVICES
19%

INDUSTRIE
46% 

La population a progressé de 40% depuis le tournant du 20è siècle et atteint maintenant près de 2000 habitants. Torcy est devenue, en cette période une petite ville. Sur tout le secteur de l'actuel "Val Maubuée", c'est même LA ville ! Les métiers directs ou indirects liés à l'usine Menier occupent toujours la part du lion. Commerces, services et métiers liés au bâtiment (dont sans nul doute, un certain nombre ont pour employeur la chocolaterie !) sont sur la seconde marche. A noter que près de 8% des Torcéens occupent désormais des emplois publics (ou assimilés) avec, entre autres, (et même si cette classification n'est pas, à ce moment, la bonne puisque les Compagnies sont encore des entreprises privées qui ne seront nationalisées qu'après le Seconde Guerre Mondiale !) un grand nombre d'habitants au service des Chemins de fer. Les métiers "agricoles", quant à eux, ne sont même plus sur le "podium" et ne constituent désormais qu'un peu plus de 10% du poids économique. Enfin, s'il fallait un exemple de l'attractivité résidentielle que produit Torcy sur le plan local, les professions de "tanneur" et "corroyeur" en seraient un bon exemple puisque l'exercice de ces activités ne se faisait pas dans la ville mais à Vaires !

  • 1962, essor de la fonction publique et des emplois du tertiaire

AGRICULTURE
10% 

COMMERCES
24%  

SERVICES
33%

INDUSTRIE
33%


J.Petit n'a malheureusement pas fait le décompte des professions pour cette année là, mais à travers un diagramme représentant les pourcentages représentés par une dizaine de grandes catégories professionnelles, il apparaît clairement trois faits : 1) le déclin constant de l'activité agricole; 2) un tassement de l'emploi industriel du, d'une part à une moindre activité de l'usine Menier et, d'autre part, au peu d'attractivité de Torcy en matière d'implantation d'entreprises; 3) une hausse significative des emplois de bureau ou liés à la fonction publique (ils représentent environ la moitié du secteur "services"). Torcy replonge dans une certaine léthargie (la ville phare du secteur est redevenue Lagny sur Marne) que seule l'arrivée de la Ville Nouvelle, à l'aube des années 1970, va combattre.