DE CHEF LIEU DE CANTON À SOUS PRÉFECTURE

Le Canton

Lorsque le 26 février 1790 est créé le « Département de Seine et Marne ». Torcy en est une des 540 communes. Ni plus, ni moins. Certes des cantons regroupant plusieurs communes ont été créés mais il s’agit d’un découpage informel et parfois incohérent. Il faut attendre 1833 (Loi du 22 Juin) pour que les cantons deviennent des circonscriptions électorales. Torcy fait alors partie de celui de Lagny sur Marne qui compte 29 communes1 et 16.700 habitants. Ce rattachement va durer plus d’un siècle. En 1975, compte tenu des débuts de l’accroissement démographique lié à l’arrivée de Marne la Vallée et afin de coller au plus près au périmètre d’aménagement, le canton de Lagny va perdre les 10 communes2 concernées par cette opération, donnant ainsi naissance, le 8 octobre, au canton de Torcy, du nom de la commune la plus peuplée de l’époque, qui en devient de fait la ville chef lieu. Le canton compte alors 13.000 habitants dont le quart habitent Torcy. Dix ans plus tard, la population du Val Maubuée a, littéralement explosée. Le canton compte plus de 50.000 habitants. Aussi, afin de lui garder une taille humaine est-il une nouvelle fois redécoupé pour trouver sa physionomie actuelle3

 1 Brou sur Chantereine, Bussy Saint Georges, Bussy Saint Martin, Chalifert, Champs sur Marne, Chanteloup, Chelles, Chessy, Collégien, Conches, Coupvray, Croissy-Beaubourg, Dampmart, Emerainville, Ferrières en Brie, Gouvernes, Guermantes, Jablines, Jossigny, Lagny sur Marne, Lesches, Lognes, Montévrain, Noisiel, Pomponne, Saint Thibault des Vignes, Thorigny sur Marne, Torcy et Vaires sur Marne.
2 Champs sur Marne, Noisiel, Emerainville, Lognes, Torcy, Bussy Saint Georges, Bussy Saint Martin, Croissy-Beaubourg, Collégien et Ferrières en Brie.
3 Le Canton comprend les communes de Torcy, Bussy Saint Georges, Bussy Saint Martin, Croissy-Beaubourg, Collégien et Ferrières en Brie. Avec (en 2000) 38236 habitants, c’est actuellement le 7ème canton (sur 43 et après ceux – dans l’ordre décroissant – de Fontainebleau, Danmartin, Meaux Nord, Combs la Ville, Perthes et Roissy en Brie) de Seine et Marne. Pour anecdote, le plus petit canton est celui de Villiers St Georges avec 7511 habitants tandis que les plus grands en nombre de communes sont ceux de Bray sur Seine et Danmartin en Goêle qui en comptent, chacun, 23 à l’intérieur de leurs limites territoriales.

Les Conseillers Généraux depuis la création du Canton

 Mandat                      Nom                                                                   Appartenance                        


1833 - 1845


Jean Baptiste CHABANEAUX
 

 
1845 - 1852Alexandre LAFONTAINE
Maire de Chelles
 
 
1852 - 1867Charles DE JUNQUIERES
Maire de Chanteloup
 
Bonapartiste 
1867 - 1877Alphonse DE ROTHSCHILD Orléaniste 
1877 - 1891 Alexandre FOUCHER DE CAREIL
Sénateur
Président du Conseil Général (1881/1891)
 
Républicain 
1891 - 1934 Gaston MENIER
Maire de Lognes (1884/1892)
Maire de Bussy Saint Martin (1892/1913)
Maire de Noisiel (1913/1934)
Député puis Sénateur
Président du Conseil Général (1920/1921)
 
Républicain                         
puis Radical
 
1934 - 1942 Albert NAST
Député
 
Républicain de gauche 
1945 - 1949 Suzanne BARTHES
Maire de Thorigny sur Marne
 
SFIO 
1949 - 1955 Marcel LESTAT Sans Etiquette 
1955 - 1973 Guy CHAVANNES
Député Maire de Torcy
 
Divers Droite 
1973 - 1976 René LALLEMAND
Maire de Lagny sur Marne
 
Divers Droite 

 1975 - LE CANTON EST REDECOUPÉ

1976 - 1985Lionel HURTEBIZE
Maire de Champs sur Marne
   
Parti Communiste

1985 - NOUVEAU REDÉCOUPAGE DU CANTON 

1985 - 1998    Gérard BURLET
Premier Adjoint au Maire de Torcy
R.P.R 
1998 - ????Gérard EUDE
Premier Adjoint au Maire de Torcy
Parti Socialiste          

           Lionel Hurtebize             Gérard Burlet          Gérard Eude

Le feuilleton de la Sous Préfecture

















Si le choix de Torcy – commune la plus peuplée – comme chef-lieu de canton, n’a jamais été réellement contesté, il en a été tout autrement quand il s’est agi de désigner le chef-lieu d’un nouvel arrondissement. devenu indispensable tant la Sous Préfecture dont tout le secteur dépendait jusqu’alors, celle de Meaux, était arrivée à la limite de l’ingérable que ce soit en terme d’accessibilité (jusqu’à la création d’une ligne de bus « Melun – Marne la Vallée – Meaux » par le Conseil Général dans les années 1990, il n’y avait aucune liaison directe entre la ville nouvelle – premier bassin d’habitat de Seine et Marne – et sa Sous Préfecture !) ou en terme de population couverte (en 1990, la Sous Préfecture de Meaux était la plus importante de France !).
Après quelques hésitations 1 concernant ses « frontières », il est décidé que cet arrondissement couvrirait les cantons de Roissy, Noisiel, Champs sur Marne, Torcy et pour partie Thorigny 2. De façon à déterminer l’endroit où implanter la Sous Préfecture, l’Etat lance, en Juillet 1990, auprès des communes, une sorte « d’appel à candidature » dont le cahier des charges peut être résumé en trois mots : disponibilité (il faut un terrain de 20 à 30.000m2), lisibilité (ce terrain ne doit pas être enclavé ou caché) et centralité (l’endroit doit être aisément accessible par toute la population de l’arrondissement). A la clôture du dépôt des candidatures, quatre 3 communes ont présenté un dossier : Torcy, Emerainville, Lognes et Bussy Saint Georges.
Quelle surprise pour les Elus torcéens, de voir les candidatures de Lognes et Emerainville quand ils se rappellent que, dès 1984, le SAN du Val Maubuée avait, à l’unanimité, décidé qu’en cas d’implantation d’une Sous Préfecture sur le secteur, elle le serait à Torcy. « Peu importe ce non respect de la parole donnée – se disent-ils en substance – car si l’Etat suit son cahier des charges, tout va se jouer sur le critère de centralité et se résumer à un duel Torcy/Bussy Saint Georges et, dans ce cas, Torcy devrait sortir gagnant »
A l’appui de cette conviction, l’habitude de considérer la « centralité » non pas en terme géographique (dans ce cas Bussy Saint Georges ne peut qu’être vainqueur !) mais en terme de poids de population (le nouvel arrondissement ressemble à une croix dont l’épine dorsale sont les secteurs 2, 3 et 4 de Marne la Vallée et dont à l’horizon 2000 le centre de gravité de population se trouvera à Torcy).
Le « suspense » va durer deux ans et en Décembre 1992, l’Etat livre son verdict : la nouvelle Sous Préfecture sera….. Noisiel ! Comme coup de tonnerre, on ne peut faire guère mieux ! Noisiel, ville non candidate ! Noisiel, dont le maire dans la presse locale, avoue qu’il n’a été ni informé, ni associé à ce projet ! Tout juste apprend t-on sur la très confidentielle lettre d’information «Profession Politique» que le choix de l’Etat serait motivé par le « désir de faire une Sous Préfecture moins grandiose ! »
« Ainsi, nous ne méritons pas plus qu’une Sous Préfecture d’opérette avec, pourquoi pas, un Sous Préfet aux champs ! » Il n’en faut pas plus au Conseil Municipal de Torcy pour se réunir en session extraordinaire le 14 décembre et missionner, à l’unanimité, son Maire pour « diligenter toutes actions juridictionnelles propres à faire reconnaître le non respect de ses propres règles par l’Etat ». Le 18 décembre suivant, une première étape va être franchie avec la décision du Conseil Général de récuser, en tant que Sous Préfecture, le choix de Noisiel pour retenir celui de Torcy. Une étape importante car si la décision de l’assemblée départementale ne constitue qu’un avis, l’Histoire démontre qu’il est rare, en la matière, que l’Etat y passe outre.
Il faut quand même attendre encore deux ans pour qu’un décret (n°94.336 signé par Edouard Balladur le 28 avril 1994) transfère définitivement le chef lieu de l’arrondissement de Noisiel à Torcy. Quant à la Sous Préfecture, après 10 ans d’arlésienne dus à une absence de crédits, sa construction (un bâtiment de 2500m2 sur trois niveaux) débute en 2004, rue Gérard Philippe, pratiquement en face de la gare du RER. Son premier Sous-Préfet, Michel Jeanjean 4,  (ci-contre à droite) prend officiellement ses fonctions le 10 octobre 2005 (le décrêt portant sa désignation datant, lui, du 15 septembre 2005). Quant à l'ouverture définitive au public du bâtiment, elle intervient  le 2 Janvier 2006. Ce jour là, Torcy est devenu le chef-lieu du plus grand arrondissement de Seine et Marne avec ses 343600 habitants et 43 communes 5.

1 Dans un premier temps, les limites de l’arrondissement inclues les cantons de Chelles et Pontault Combault
2 Assez étrangement, le nouvel arrondissement ne prend pas en compte 3 communes du Canton de Thorigny (Serris, Magny le Hongre et Bailly Romainvilliers) qui restent tout aussi étrangement sur l’arrondissement de Coulommiers. Ce qui n’est pas sans soulever quelques interrogations sur le Sous Préfet qui, à terme, aura la charge de Disney puisque désormais les cinq communes d’implantation de cette opération sont « à cheval » sur deux arrondissements !
3 Nous n’avons retenu ici que les candidatures correspondant aux frontières définitives de l’arrondissement. En réalité, à la clôture des candidatures, l’arrondissement ayant été imaginé, au départ, avec les cantons de Chelles et Pontault Combault, ces dernières villes étaient aussi naturellement candidates.
4 Avec Dominique Gaffet comme Secrétaire Général
5 Devant Melun (335.000 habitants et 113 communes), Meaux (258.400 habitants et 146 communes), Fontainebleau (144.900 habitants et 87 communes) et Provins (120.000 habitants et 125 communes)



La polémique sans objet !

Entre 2002 et 2012 est née une polémique à propos de l'origine de la Sous Préfecture de Torcy. D'un côté, la députée de l'époque, Chantal Brunel, affirmant que ce service public était à son initiative. De l'autre, les Elus locaux disant le contraire.
Comme souvent, la consultation d'archives, et la chronologie qui y figure,.sont suffisantes pour faire apparaître la vérité !
Or la simple lecture des compte rendus des conseils municipaux ainsi que des différents bulletins que la ville a consacré, à l'époque, à ce sujet (voir photo ci-contre à gauche) atteste que le choix officiel de Torcy comme sous-préfecture ainsi que le décret de création de l'arrondissement sont largement antérieurs à l'éléction (2002) de l'ancienne Députée. Et si on ne peut contester que l'inauguration de cet équipement se soit effectué en sa présence et en celle de Christian Chapron, maire de la ville,  c'est à tort que dans diverses publications, elle s'en est arrogé la paternité.