HISTOIRES D'EAUX TORCÉENNES

Les Lavoirs

On peut dire qu’il y a eu quatre lavoirs sur le territoire de la commune dont deux seulement (et encore l’un après l’autre !) au seul usage des Torcéens. En ce qui concerne ces derniers, on ne sait pas grand chose du premier. Où est-il édifié ? Mystère ! Par contre, il est devenu tellement vétuste qu’il est décidé en 1868, de financer, par souscription, la construction d’un nouveau situé sur l’emplacement de l’ancienne église en bout de la Grande Rue. Ce dernier verra des lavandières jusqu’au début des années 1970. Après avoir été menacé de disparition, il a fait l'objet d'une belle réhabilitation (cliquez ici pour voir le dossier consacré à ce sujet dans la Gazette) en 2009. Pour ce qui concerne les autres lavoirs, ils sont tous deux situés le long du ru Maubuée. Le premier est celui de l’Arche Guédon, en bas de la « côte de Torcy », en limite de Noisiel. Il sera visible jusqu’à l’arrivée de la Ville Nouvelle et l’aménagement du cour du Ru afin de permettre l’écoulement des eaux pluviales. Le second, de type bateau lavoir, est ancré sur la Marne, au débouché du ru dans le fleuve, à proximité de la chocolaterie de Noisiel. Bien que tous deux situés sur le territoire de Torcy, on ne peut guère dire que ces deux derniers lavoirs aient été très utiles aux Torcéens !

GALERIE D'IMAGES : LE LAVOIR DE LA GRANDE RUE





(haut, à gauche) Le lavoir, alimenté par une source, en bout de la Grande Rue, derrière les draps qui sèchent. (haut, à droite) Ce lavoir, était le lieux où, durant la lessive, s'échangeaient tous les potins de la commune. (milieu à gauche) A la fin du 20ème siècle, le lavoir est pratiquement en ruine (photo © Gérard Burlet 1993)
(milieu, à droite et bas, à gauche) Le lavoir a été, en 2009, et au terme d'un chantier d'insertion, complètement réhabilité. Seules différences avec antan : le rajout d'une sculpture du torcéen Mirza Moric, intitulée "Le gardien du lavoir", et la non remise en eau des deux bassins. Ce dernier point étant dommage car les lieux aurait pu revivre (projet imaginé en 1994) par un partenariat avec une société de pêche locale qui les aurait transformés en bassins d'alevinage.
GALERIE D'IMAGES : LES AUTRES LAVOIRS SUR TORCY



  

Le lavoir de l'Arche Guédon (haut, gauche et centre) était installé sur une dérivation du ru Maubuée. Un ru qui servait parfois directement au nettoyage (haut, à droite). Le bateau lavoir sur la marne, au débouché du ru Maubuée (bas, à gauche)  était amarré devant l'atelier des caisses de l'usine Menier (bas, à droite)

Par delà les clichés romantiques, le métier de lavandière était un travail pénible. On peut même dire que la lessive constituait une véritable corvée qui plusieurs fois par an, s'étalait sur près d'une semaine ! ... continuer à lire.....

 En savoir plus  sur les lavoirs et les lavandières :
http://www.lavoirsdefrance.com/ ou  http://beuzeville-eco.spip.ac-rouen.fr/spip.php?article50
ou http://lavoirsrhone.free.fr/texte/chansons.htm

L’alimentation en eau

En 1845, en plus de la fontaine lavoir de l’Arche Guédon, il y a deux puits à Torcy. Un sur la place dite « du petit cerceau » ( ?) et un place Gerfault. Tous deux fournissent « en quantité considérable une eau d’excellente qualité ». Les choses vont cependant peu à peu se dégrader et plusieurs années de sécheresse aidant, la commune va se trouver en manque d’eau. En 1854, il est procédé à la recherche d’une nouvelle source. Sans résultat. On, pense même au forage d’un puits artésien, mais c’est, en raison de la situation de Torcy à 65 mètres au dessus de l’étiage de la Marne, une opération impossible. L’eau devient de plus en plus difficile à trouver et le peu qui est récupéré est si chargé en sels calcaires qu’il «est impropre à la cuisson des légumes et à l’emploi du savon». Les ménagères n’ont alors d’autres solution, pour laver leur linge, que d’effectuer les deux kilomètres les séparant de la Marne. En 1859, il est donc envisagé d’élever les eaux de la Marne jusqu’au village au moyen d’une machine à vapeur. Le débit en est même fixé à 10.800 litres par heure, une quantité suffisante pour alimenter à la fois les Torcéens et les besoins du château de Rentilly dont le propriétaire, Édouard André, accepte le principe de supporter une partie du coût des travaux. Le projet va cependant être quelque peu modifié suite à la décision de l’État de construire un barrage entre Vaires et le Moulin de Douvres. Ce nouvel ouvrage allant générer une chute d’eau, il va donc y avoir là la possibilité de disposer d’une force motrice naturelle. Une opportunité saisie par la Municipalité soucieuse de ses deniers et très au fait de l’économie procurée par une simple machine hydraulique en lieu et place d’une coûteuse machine à vapeur ! ... suite après la galerie d'images ...


(haut, à gauche) L'usine élévatrice de eaux en 1903. Le chemin qui y conduit est celui de la Messe. (haut, à droite) Nous sommes en 1960, et toujours sur le chemin de la Messe. Les deux bâtiments en arrière plan, sont ceux de la nouvelle station des eaux (à gauche) et de l'ancienne usine d'élévation (à droite). Tout au fond, le chantier que l'on distingue est celui de la reconstruction, en dur du pont sur la Marne, détruit à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et remplacé depuis lors par un pont en bois.
(bas,à gauche) Les deux premiers châteaux d'eau de Torcy en bordure de la place du Jeu de Paume. (bas, à droite) La première usine des eaux a été reconvertie, de nos jours, en un ensemble d’habitations.(Photo 2004 Gérard Burlet)

(haut, à gauche) Les deux premiers châteaux d'eau torcéens de la place du Jeu de Paume en 1990. Ils sont alors désaffectés et servent de mur d'escalade. (photo © Gérard Burlet 1994)
(haut, milieu et à droite) Les mêmes châteaux transformés en logement après une belle  réhabilitation (photos © Gérard Burlet 2012)
(bas, à gauche) Château d'eau construit à la fin des années 1950, à côté du Gymnase Chavannes et toujours en activité. On distingue, en arrière plan, les 2 châteaux d'eau du 19è siècle.  (Photo © Gérard Burlet 2004)
(bas, à droite) Jusqu'à la fin des années 1960, le service municipal de l'eau de Marne faisait l'objet d'un règlement local.


... En 1865, un château d’eau est construit le long de la place du Jeu de Paume et des canalisations d’eau sont posées dans les rues principales du village afin de pouvoir placer des bornes fontaines dans les différents quartiers et procurer ainsi de l’eau potable à tous les habitants. Une première dans tout le secteur ! En 1868, la Direction de la Navigation projetant la construction d’une écluse en aval du barrage, la Municipalité va s’opposer avec force à cette idée dont la réalisation mettrait en péril la prise d’eau et le bon fonctionnement de la machine hydraulique. Mais cela n’est qu’un répit de courte durée puisqu’en 1887, le transfert du barrage de Vaires à Noisiel va nécessiter de, pratiquement, tout changer. Tout d’abord, le mode d’élévation. L’hydraulique n’est plus suffisante, il va falloir lui adjoindre le force d’une machine à vapeur. Ensuite le lieu d’implantation. Plus question de le maintenir là où il est car la présence d’une retenue d’eau plus en aval va rendre l’endroit encore plus inondable. On retient alors un emplacement sur la droite du carrefour des Cantines. En 1889, les travaux, tout comme la première fois, vont être pris en charge par la commune et Monsieur André de Rentilly. D’ailleurs afin de mieux desservir l’un et l’autre, d’autant que les points d’eau sur Torcy sont de plus en plus nombreux, un deuxième réservoir va être, sur sa gauche, rajouté à l’ancien. L’usine va être modifiée au fil des ans et l’eau y est potable depuis 1934. Dès lors, le « service de l’eau de Marne » est codifié. Tout d’abord, « les fournitures, pose et entretien des compteurs passent obligatoirement par un entrepreneur de plomberie avec lequel la commune a passé un contrat. » Le mètre cube d’eau est vendu à 1.50 francs ( 1936 – soit environ 1€ 2004) avec un minimum facturé de 13 m3 et il est, bien entendu, « interdit de revendre l’eau ». Les années de guerre vont malheureusement, du fait des difficultés d’entretien, « fatiguer » le matériel. Un nouveau projet va donc voir le jour dans la dernière moitié des années 1950. Il va se traduire par la construction d’un château d’eau de 600m3, d’une usine « ultramoderne » et d’un nouveau réseau de distribution. La nouvelle station (ci-dessous, à gauche), mise en service le 1er janvier 1960, est constituée d’une station de pompage dans la Marne qui envoie l’eau dans un décanteur situé derrière l’usine. De là, elle est dirigée sur des filtres à sable puis stockée dans une citerne de 120 m3 avant que les pompes de reprises (ci-dessous, à droite) ne la montent dans le château d’eau. L'arrivée de la Ville Nouvelle, avec la prévision d'une augmentation de population de 700%, va, bien entendu mettre un terme à l'usine torcéenne. Quant aux trois château d'eau de la place du Jeu de Paume, seul celui à proximité du gymase Guy Chavannes continuera son activité. Les deux plus anciens ont, depuis le début des années 2000, été transformés en habitation au terme d'une réhabilitation fort réussie.


La source de la rue Chèvre

D'anciens torcéens se souviennent encore de cette "source qui coulait abondamment en haut de la rue Chèvre (pratiquement en dessous de l'arrière de l'actuel pas de tir à l'arc). " Mes premiers souvenirs (de ceux qui font appel à la seule mémoire car plus rien ne permet de les visualiser aujourd'hui) sont ces allers et retours incessants ( à l'époque nous habitions Chelles) avec mon père, mes frères et soeurs à la source qu'entre nous on appelait "du Couvent" et où coulait une eau que la rumeur disait la plus pure des environs ... Que de bidons et jerricans avons-nous remplis !"  (Merci à Bruno Auréal pour ce témoignage)

La grande inondation de 1910

En janvier 1910, il va y avoir une crue sans précédent de la Marne (tout comme il y aura une crue de même nature avec la Seine à Paris). Si le 24, la Municipalité apaise les inquiétudes naissantes en affirmant que la montée des eaux n’offre aucun danger pour la machine à eau et l’usine à gaz, il n’en est plus de même le 26 où la crue rend inopérationnelle la machine à eau. L’eau de la Marne n’est plus dorénavant distribué que de 11 heures à midi pour les seuls besoins du ménage. Les animaux doivent boire, dans toute la mesure du possible l’eau des puits. Quant à l’eau du lavoir elle ne sera renouvelée que lorsque la machine à eaux refonctionnera normalement. Pour préserver le fonctionnement le plus longtemps possible de l’usine à gaz, il est décidé de ne plus allumer les becs de rues. Le 27, la situation devient particulièrement préoccupante. L’usine à gaz fonctionne très difficilement et un arrêt de plusieurs jours n’est pas écarter. Il est même conseillé à la population de prévoir d’autres procédés d’éclairages. Le 30, les choses vont mieux. L’eau est distribuée normalement. Il est simplement conseillé « de la faire bouillir pour la boisson et les aliments ». Le gaz quant à lui est toujours absent. Ce n’est que le 2 février que la lumière sera, de nouveau, là.


En dehors du Moulin de Douves (ci-dessus), de la métairie Menier (ci-contre à gauche) et du carrefour des Cantines (ci-dessous), nulle autre partie habitée de Torcy ne fut inondée.






















La mystérieuse fontaine miraculeuse Sainte Geneviève

Cette affirmation (dont aucune source ancienne relative à l'histoire de Torcy, ne parle !) d'une fontaine dite de Sainte Geneviève sur la commune est issue d'un ouvrage récent (2011) "Guide des Fontaines et Chapelles guérisseuses" où l'auteur cite en Seine et Marne, trois fontaines miraculeuses situées sur les territoires de Saint Fiacre, Crouy sur Ourcq et ... Torcy. Il décrit celle de Torcy de la façon suivante ( http://www.dgdiffusion.com/upload/105/600/4/0/9782841975457.pdf  ) "La fontaine Sainte Geneviève de Torcy était une fontaine de dévotion et lieu de pèlerinage. On lui prêtait de multiples vertus thérapeutiques. Elle était renommée sur plusieurs départements"
Or cette affirmation est inexacte et due, soit à une confusion phonétique de l'auteur, soit à une erreur typographique non corrigée lors de l'impression de l'ouvrage. En effet, toutes les sources consultables sur le sujets des "fontaines miraculeuses" à commencer par cette sorte de "bible" en la matière qu'est l'ouvrage de Patrick Boussel (paru en 1969) "Guide de la France Mystérieuse" parlent, effectivement, de trois fontaines "miraculeuses en Seine et Marne : une à Saint Fiacre, une à Crouy sur Ourcq et une à .... Barcy !
Il est donc certain que la fontaine de Torcy est, en fait, celle de Barcy !

 Voir aussi  pour confirmation http://lalumierededieu.eklablog.com/les-sources-miraculeuses-de-seine-et-marne-p229629 ou http://meaux.forumactif.org/t489-les-109-sites-remarquables-du-pays-de-meaux-d-apres-la-communaute-d-agglo

Les lacs

Il n’y a pas moins de 7 lacs ou étangs suivant le cours du ru Maubuée, qui servent de « frontières » entre Torcy, Noisiel et Lognes. Un seul n’a pas encore de nom (celui derrière le lycée Jean Moulin). Quant aux autres ils ont pour dénomination (du nord au sud) «Arche», « Écluse », «Beauregard », Pêcheurs », « Maubuée » et « Segrais ». Ils ne sont apparus qu’au tournant des années 1970, avec le début de la construction de la Ville Nouvelle. Leur objet : être, en fonction de la forte urbanisation des alentours, le réceptacle des eaux de ruissellement. Depuis, leur paysagement très soigné en a fait un lieu de promenade, de pique nique et de pèche appréciés des habitants comme des visiteurs.


Les photos ci-dessus et ci-contre proviennent des sites :
http://jardinsdulac.free.fr/photos/album_photos.html et
http://www.astrosurf.com/lecleire/nuages.html