DANTON (Rue Georges)

Né à Arcis Sur Aube en 1759. Sa mère reste veuve avec six enfants dès 1762 et il est mis en nourrice dans une ferme où il fait une chute qui lui écrase le nez et lui déforme les lèvres. Après de médiocres études au petit séminaire de Troyes, puis chez les Oratoriens de Troyes, il refuse d’entreprendre une carrière ecclésiastique. Danton part pour Paris, travaille dans un cabinet d’avocat. Puis il passe six mois à la faculté de Reims où il achète une licence en droit, comme il est possible de le faire à la fin de l’Ancien Régime. Inscrit au barreau de Paris, il ne plaide guère, préférant fréquenter les cafés où il se fait de nombreux amis. Son mariage avec la fille d’un riche cafetier parisien lui permet d'obtenir la charge d'avocat au Conseil du roi en 1787. Il ne joue aucun rôle dominant avant le 10 août 1792 bien qu’en 1789 il participe aux réunions du district des Cordeliers, avec Camille Desmoulins et Marat et qu’il appelle en 3 octobre 1789 son district des Cordeliers, à prendre les armes. Devenu président des Cordeliers, il gagne sans cesse en popularité, notamment grâce à ses qualités d'orateur. Lors de la crise de Varennes en juin 1791, il soutient habilement aux Jacobins l'idée d'une régence assurée par Philippe d’Orléans. Toujours aux Jacobins, Danton demande le remplacement de Louis XVI, alors que les Cordeliers exigent l'abdication du roi. Après la fusillade du Champ-de-Mars, le 17 juillet 1791, contre les manifestants républicains, Danton se réfugie quelque temps en Angleterre. A son retour en novembre 1791, il est élu substitut du procureur de la Commune de Paris avec l'aidé de la cour, qui pratique alors la politique du pire. Danton favorise les révolutionnaires parisiens, le 10 août 1792. De connivence avec eux l’Assemblée législative le nomme ministre de la Justice. Le 2 septembre 1792, devant l'invasion autrichienne menaçante, il demande : « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! » Il est élu député de Paris le 5 septembre, juste derrière Robespierre. C'est pourtant par des actes plus que par des phrases que, dans ces jours critiques, Danton a bien mérité de la patrie en danger. Audace, bien sûr, mais aussi sang-froid et habileté manoeuvrière : c'est par ses agents doubles qu’il entrave le déclenchement d'une première rébellion vendéenne, et par ses émissaires qu'il achève de démoraliser le haut état-major prussien après Valmy. Il quitte son ministère pour exercer à la Convention son mandat de député de Paris où il va s'opposer à Robespierre non pas pour des convictions qu’il ont en commun, mais pour un style qu’ils ne partagent pas. Devenant l’un des chefs de la Montagne, il y retrouve ses amis du club des Cordeliers tels que Camille Desmoulins, Fabre d’Eglantine et Chabot, un ancien capucin. En janvier 1793, en compagnie des Montagnards, Danton vote la mort du roi. Puis il participe à la création du tribunal révolutionnaire en mars 1793, qu’il préside à partir de juillet, puis entre dans au Comité de Salut Public, organe exécutif de la Ière République en avril 1793. Très vite les problèmes vont surgir : bien qu’ayant la même notoriété que Robespierre, on va lui reprocher de ne pas s'être opposé aux contre-révolutionnaires. Même ses amis Jacobins lui reprochent son image de bon vivant enclin à s'enrichir. Pour ces faits il est déchu de la direction du Comité au profit de Robespierre le 10 juillet 1793. A partir d’août 1793, il défend avec faconde les revendications des sans-culottes, appuie la mise de la Terreur à l'ordre du jour, comme la création de l’armée révolutionnaire. A cause de ses prises de position, il se fait mettre en congé le 12 octobre et se retire (une fois de plus) à Arcis Sur Aube. Revenant le 20 novembre, il perd sa place dominante au club des Cordeliers, où son ancien ami Hébert répand des idées socialistes auxquelles Danton, bourgeois et propriétaire, n’adhère pas. Il créé le mouvement des Indulgents, il blâme les violences antireligieuses en s'élevant contre la déchristianisation (athée lui-même, il flétrit éloquemment les « mascarades antireligieuses ») et déconseille l’exécution de Marie Antoinette. La rupture des « dantonistes » avec les Jacobins est consommée à la fin de l’année 1793, période durant laquelle Robespierre tente de maintenir l’équilibre politique de son gouvernement en en écartant les plus radicaux et les modérés. A cause des mesures prises par Robespierre, Danton se retrouve presque sans amis. De plus, il est compromis par l'Association de son nom à celui du député Fabre d’Églantine dans l’affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes. Le 30 mars 1794, quinze jours après l'exécution des hébertistes, Danton est arrêté avec Desmoulins et Fabre d’Églantine, sous le prétexte d'être un ennemi de la République. Il est jugé par le tribunal révolutionnaire à partir d'un acte d'accusation préparé par Saint-Just. Il se défend avec des éclats de voix si éloquents qu'il faut extorquer à la Convention un décret, assez immonde, pour clore les débats hors de sa présence. Il est condamné à mort et guillotiné le 5 avril 1794 en compagnie de Camille Desmoulins. Ses derniers mots lancés au bourreau sont restés célèbres : « N'oublie pas surtout, n'oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle en vaut la peine. »

* Source : Texte tiré du site http://histoire-en-ligne.com
Voir aussi Zoom " La Révolution et Torcy"

DAUBIÉ (Groupe scolaire Julie)

A la naissance de Julie, en 1824, Jean- Nicolas, son père est caissier à la manufacture de Bains-Les -Bains dans les Vosges. Il rejoint rapidement Fontenoy Le Château, berceau de la famille...Julie " s'accroche " à ses études, prépare seule le certificat de capacité qu'elle réussit le 31 août 1844 ...et devient institutrice dans les Vosges, un des départements français à la pointe de l'alphabétisation Passionnée par les classiques, elle apprend le grec et le latin, secondée par son frère le curé Florentin. Un précepteur la suit de temps en temps... Son voeu le plus cher : Passer le Baccalauréat alors inaccessible aux filles ! Elle adresse une première demande à la Sorbonne : refus catégorique des professeurs (tous de hommes !) et du ministre de l'Instruction Publique de Napoléon III. Julie adresse alors une seconde demande à l'Université de Lyon cette fois : Miracle ! les professeurs sont d'accord, Le Ministre cède sous leur pression. Julie est reçue première bachelière de France le 17 août 1861. Elle a 37 ans ... Les lettres de félicitations pleuvent ! Alexandre Dumas fils et Geoffroy St Hilaire la félicitent personnellement. Julie continue son cheminement universitaire et s'inscrit en Licence de Lettres qu'elle obtient le 28 octobre 1871. Elle se lance ensuite dans un doctorat... Les difficultés rencontrées dans son propre parcours font de Julie une militante active des droits des femmes, "droits" qui les rendent juridiquement inexistantes sous l'autorité des maris ! Elle milite dans diverses associations : la " Commission de l'Enseignement communal ", la " Ligue Internationale et permanente de la paix " et « l' Association pour l'émancipation progressive de la femme " Ses moyens d'expression sont des ouvrages " modernes " pour l'époque aux titres évocateurs pour certains ..." La question de la Femme ", " Le manuel du jeune Homme ", " L'émancipation de la Femme ", " La tolérance à l'égard du vice "... Elle adhère aux points de vue développés par Victor Duruy concernant l'Education celle des filles en particulier...Julie se rend régulièrement à Rome pour ses travaux de recherche mais toutes ses activités l'épuisent et elle revient sur Fontenoy où elle décède le 23 mars 1874 . Elle n'aura pas eu la satisfaction de voir promulguée la loi Camille Sée : le 21 décembre 1880, les jeunes filles ont désormais accès à un enseignement secondaire laïque et gratuit... Anecdote : Il est amusant de constater que le nom de cette « passionaria » du droit au savoir pour les femmes est portée par une école mixte construite sur l’ancien emplacement d’une école de … filles !

* Source : Texte tiré du site http://www.ac-nancy-metz.fr/

DEFFERRE (Allée Gaston)

Né, en 1910, à Marsillagues (Hérault) dans une famille de la petite bourgeoisie protestante, Gaston Defferre étudie le droit à Aix-en-Provence et devient avocat en 1934, peu après s'être engagé au sein de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) en 1933. Au cours de la guerre, il rejoint la Résistance (réseau Brutus) et dirige la SFIO clandestine en zone Sud. À la Libération, il devient maire de Marseille (1944-1945), membre de l’Assemblée consultative de Paris, puis député des Bouches-du-Rhône (octobre 1945). Secrétaire d'État dès 1946, ministre de la Marine marchande en 1950-1951, il devient ministre de la France d'outre-mer dans le gouvernement Mollet (1956-1957). Dans cette fonction, il conçoit la loi-cadre, dite loi-cadre Defferre, sur la réforme du statut des territoires de l'Union française (23 juin 1956). Homme de tempérament et de charisme, il affectionne aussi la presse, utile instrument de communication, ce qui l’a amené à fonder le Provençal en 1944 dont il devient le directeur en 1951. Réélu maire de Marseille en 1953 (il le restera jusqu'à sa mort), il en apparaît quarante années durant comme le « grand patron ». Il y mène une politique volontariste et ambitieuse : logement, urbanisme, modernisation du réseau d’eau, construction du métro et d'un Centre hospitalier universitaire (CHU). Ainsi, il permet à la cité phocéenne de sortir de son sous-équipement. Son bilan, globalement réussi, est cependant entaché de quelques « zones d'ombre » en matière d'industrialisation locale et d'intégration de la population issue de l'immigration. À la charnière des années 1950-1960, l'assise qu'il a gagnée à Marseille et ses responsabilités ministérielles font de lui une incontournable figure de la gauche. Il est un candidat possible pour l'élection présidentielle de 1965. Mais la candidature de « Monsieur X », lancée conjointement par l’Express et le Club Jean Moulin, avorte. Defferre échoue dans sa tentative de réunir une Fédération de centre gauche englobant les radicaux, la SFIO et le Mouvement républicain populaire (MRP). De nouveau candidat en 1969, pour le Parti socialiste (PS) et avec le soutien de Pierre Mendès-France, il recueille 5% des voix, ce qui sonne le glas de ses ambitions présidentielles. Figurant parmi les principaux fondateurs du nouveau Parti socialiste (1971), il devient un des lieutenants de François Mitterrand. Il est présenté comme son futur Premier ministre en cas de victoire à l'élection présidentielle de 1974, mais Mitterrand est battu. Néanmoins, après la victoire socialiste de 1981, Defferre devient ministre d'État de l'Intérieur et de la Décentralisation dans les trois gouvernements Mauroy. Il prépare avec enthousiasme les lois sur la décentralisation (mars et juillet 1982, janvier 1983). Nommé ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire dans le gouvernement Fabius, il poursuit une action positive sur les plan économique et de la modernisation informatique. Gaston Defferre meurt en mai 1986, juste après avoir été mis pour la première fois en minorité par le PS des Bouches-du-Rhône. Gaston Defferre a publié « le Nouvel Horizon » (1965) et « Si demain la gauche » (1977).

Source : Texte tiré de l’Encyclopédie Encarta de Microsoft
Anecdote : Initialement cette rue devait s'appeler « rue ou allée de la Mairie ». Son nom actuel lui a été attribué à la dernière minute, à titre d'hommage posthume suite à la disparition de Gaston Defferre. Cette initiative a pour origine Lucien Mayadoux, maire de l'époque et ami du défunt. C’est ainsi que le 16 Mai 1987, au cours d’une très émouvante cérémonie, Madame Edmonde Charles Roux, épouse de Gaston Defferre, est venue inaugurer la voie portant le nom de son époux ainsi que l'actuelle Mairie de Torcy, honorant, par ce dernier geste, la promesse que ce dernier en avait fait.

DE GAULLE (rue du Général)

Général et chef d'État français (1890/1970). Son rôle dans le destin du pays à partir de 1940 fait certainement de Charles de Gaulle l'homme politique français le plus important du XXe siècle. Charles de Gaulle grandit à Paris. À quinze ans, il hésite entre la littérature et l'armée. La crise d'Agadir avec l'Allemagne, en 1911, et la «montée des périls» l'orientent vers l'école militaire de Saint-Cyr. Engagé dès août 1914, il est blessé deux fois, avant d'être laissé pour mort en mars 1916 sur le champ de bataille de Verdun. Pris par les Allemands, il est soigné et envoyé dans un camp de prisonniers. Sa détention, marquée par trois tentatives d'évasion, ne prend fin qu'avec l'armistice de novembre 1918. En 1920, il accompagne le général Weygand auprès des Polonais en guerre contre les bolcheviks. À son retour en France en 1921, il épouse Yvonne Vendroux, qui lui donnera trois enfants: Philippe, Élisabeth et Anne. Deux années au Liban (1929-1930) achèvent sa formation géopolitique. Ses qualités d'analyste le font remarquer. D'abord par le maréchal Pétain qui le prend en 1925 dans son cabinet. De Gaulle multiplie alors les articles sur la situation militaire et politique. Ces réflexions donneront naissance au « Fil de l'épée » (1932), portrait du chef de guerre, et « Vers l'armée de métier » (1934), esquisse d'une armée de professionnels conçue pour le mouvement et axée sur les blindés, puis à « la France et son armée » (1938). C'est ensuite Paul Reynaud, qui le fait entrer dans le cercle de ses collaborateurs. De Gaulle rédige ses déclarations ministérielles; en mai, il est nommé général de brigade à titre temporaire, et, le 5 juin 1940, sous-secrétaire d'État à la Guerre, dans un gouvernement qui ne durera que onze jours. Pour Charles de Gaulle, la guerre a commencé en 1938 avec Munich et l'abandon de la Tchécoslovaquie. Il pense qu'elle sera mondiale, que l'URSS – malgré le pacte germano-soviétique d'août 1939 – et les États-Unis interviendront, que la défaite de l'Allemagne nazie ne pourra être que l'œuvre d'une alliance des nations. Cette vision stratégique explique sa lucidité pendant la «drôle de guerre» (septembre 1939 - mai 1940), quand les Français se croient à l'abri, et son refus presque solitaire de l'armistice de juin 1940, dont le défaitisme lui paraît «abominable». La guerre éclair de mai-juin 1940 jette les Français sur les routes de l'exode. À la tête de ses chars, de Gaulle exécute à Montcornet l'une des rares actions brillantes au milieu du désastre. C'est alors que Paul Reynaud l'appelle au ministère et lui demande d'aller à Londres, où il discute avec Winston Churchill d'un pacte d'union franco-britannique. Rentré en France, il assiste à la démission de Reynaud puis à l'arrivée de Pétain, qui s'informe auprès des Allemands des conditions d'un armistice. De Gaulle décide alors de retourner à Londres. Grâce à l'appui de Churchill, il accède au micro de la radio britannique, la BBC et, dans la soirée du 18 juin, lance son appel à la poursuite de la lutte. Reconnu «chef des Français libres» par Churchill dès le 28 juin, de Gaulle entame un dur combat pour faire valoir la légitimité de son action. Félix Éboué, gouverneur du Tchad, se rallie dès juillet 1940. Le capitaine Leclerc réussit, à la fin août, à rattacher l'Afrique Équatoriale à la France libre. De Gaulle le rejoint au Cameroun et lance le 27 octobre 1940, à Brazzaville, son premier manifeste politique. Il y dénonce le régime «inconstitutionnel» du maréchal et proclame sa volonté de «rendre compte de ses actes devant les représentants du peuple français dès qu'il lui sera possible d'en désigner librement»; il crée le Conseil de défense de l'Empire, reconnu par la Grande-Bretagne le 24 décembre. Il s'oriente désormais vers le combat diplomatique, pour que la France libre soit reconnue par les Alliés comme la «seule» France. L'invasion de l'URSS par l'armée allemande en mai 1941, puis l'attaque japonaise contre Pearl Harbor en décembre étendent la guerre au monde entier. De Gaulle, pour qui «la présence soviétique dans le camp des Alliés offre, vis-à-vis des Anglo-Saxons, un élément d'équilibre», envoie l'escadrille de chasse Normandie combattre auprès des Russes. C'est le soutien de la Résistance intérieure unie – dans une France entièrement occupée par les Allemands depuis le débarquement à Alger – et le succès de la troupe de Leclerc en Libye et en Tunisie qui permettent à de Gaulle de prendre pied en Afrique du Nord, le 30 mai 1943. La veille, Jean Moulin, initiateur du Conseil national de la Résistance – qui réunit partis traditionnels et mouvements de la Résistance – lui a envoyé un télégramme de fidélité. Face à Giraud, qui n'a pas su rompre avec la législation de Vichy, de Gaulle incarne le retour à la légalité républicaine. D'abord coprésident, puis, à partir du 3 octobre 1943, président du Comité français de libération nationale (CFLN), il gouverne l'Empire français revenu dans la guerre. Une Assemblée consultative siège à Alger; composée de parlementaires ralliés et de représentants des mouvements de la Résistance, elle est chargée de préparer l'avenir. Ainsi entouré, le CFLN se transforme, le 3 juin 1944, en Gouvernement provisoire de la République française, et est reconnu officiellement par les Alliés. Tous les partis y siègent, même le parti communiste, avec lequel le colonel Rémy, agent secret de la France libre, a pris contact dès 1942. Le débarquement allié en Normandie a lieu le 6 juin 1944. Dès le 14, le général de Gaulle est à Courseulles-sur-Mer, où la population l'applaudit. Il obtient d'Eisenhower que la division Leclerc libère Paris, et gagne lui-même la capitale le 25 août. Le lendemain, il descend triomphalement les Champs-Élysées. Libérée, la France de 1944 n'est pas encore victorieuse. Il lui faut participer à la guerre et aller jusqu'à Berlin, où le général de Lattre réussit à imposer la signature de la France aux accords d'armistice, le 8 mai 1945. Le combat engagé si difficilement en 1940 est gagné. Reste à reconstruire le pays. À la tête du Gouvernement provisoire, le général de Gaulle poursuit sa politique d'union nationale et cherche la «pacification des esprits» – il obtient notamment la dissolution des milices patriotiques formées à la Libération par le PCF. En outre, il veut «rendre la parole au peuple» par voie de référendum: les partis traditionnels, qui voient dans cette pratique un retour aux plébiscites du Second Empire, l'accusent dès lors d'ambitions personnelles, de «bonapartisme». Prisonniers et déportés étant revenus, les élections législatives peuvent avoir lieu; elles sont encadrées par deux référendums: l'un pour savoir s'il faut une nouvelle Constitution (95 % de «oui»), l'autre pour décider de soumettre ou non à référendum le texte élaboré par l'Assemblée constituante élue le 21 octobre 1945, où dominent les communistes, les démocrates-chrétiens du Mouvement républicain populaire (MRP) et les socialistes (66 % de «oui»). Élu chef de gouvernement à l'unanimité, le 13 novembre 1945, de Gaulle se trouve pourtant rapidement en désaccord avec la majorité de l'Assemblée sur le projet de Constitution: opposé à un système de souveraineté parlementaire, dans lequel il voit la raison de la faiblesse et des errements de la IIIe République, il veut un exécutif plus fort. Le 20 janvier 1946, il démissionne. Était-il convaincu qu'on le rappellerait bien vite? Toujours est-il que, avec la ratification de la nouvelle Constitution, en octobre 1946, la IVe République s'installe sans lui, et sans doute contre lui. En avril 1947, de Gaulle lance alors le Rassemblement du peuple français (RPF) pour obtenir la réforme du régime. Malgré un succès immédiat aux élections municipales, il échoue aux élections législatives de 1951. En 1953, il rend leur liberté à ses élus et se retire à Colombey-les-Deux-Églises, où il entreprend la rédaction de ses Mémoires de guerre (1954-1959). Il ne sort guère de son silence que pour s'opposer, en 1954, au projet d'armée européenne. La guerre d'Indochine se termine en 1954 après la défaite de Diên Biên Phu. La même année commence en Algérie une guerre où le contingent sera bientôt envoyé en renfort de l'armée de métier. Pour prix de cet effort, l'armée exige les pleins pouvoirs afin de faire aboutir sa politique d'«intégration» des musulmans dans l'«Algérie française». Le 13 mai 1958, après une émeute à Alger, le général Massu lance un appel à de Gaulle. Le 15 mai, le général se déclare prêt à former le gouvernement. Le président Coty fait appel à lui le 29 mai, et le Parlement l'investit le 1er juin. Comme en 1946, il pose comme préalable la rédaction d'une Constitution instituant un exécutif fort et soumise à la ratification populaire. Cette condition est acquise en septembre, avec l'aide de Michel Debré, garde des Sceaux: le projet constitutionnel obtient 80 % de «oui», en France et dans l'ensemble du vieil Empire d'outre-mer, transformé en «Communauté» (seule la Guinée a voté « non »). En décembre 1958, Charles de Gaulle est élu président de la Ve République par un collège de notables. Pendant les dix années où il restera à la tête de l'État, le général de Gaulle va demander au suffrage universel, dans le calme ou la tempête, d'être à la fois la «source» de son action et son «recours». L'œuvre la plus urgente est le règlement de la question algérienne. Paisible en Afrique noire, la marche vers l'autodétermination puis vers l'indépendance est dramatique en Algérie : le chef de l'État doit surmonter la révolte des Européens «pieds-noirs» en janvier 1960 («journées des barricades» à Alger, 24 janvier); le putsch des généraux en avril 1961; les vagues d'attentats de l'OAS (dont lui-même manque d'être victime, le 8 septembre à Pont sur seine), et, une fois l'indépendance ratifiée (accord d'Evian, 18 mars 1962), il échappe à un nouvel attentat de l'OAS, sur la route du Petit-Clamart (22 août). Le 28 octobre 1962, il demande aux Français d'approuver pour l'avenir l'élection du président de la République au suffrage universel. Adoptée par 62,25 % des voix contre l'ensemble des partis, sauf l'Union pour la nouvelle République (UNR) créée pour le soutenir, cette réforme assure la seconde fondation de la Ve République. À l'extérieur, de Gaulle conduit avec ténacité une politique d'indépendance nationale. En 1963, il signe avec le chancelier allemand Adenauer un traité qu'il souhaite de réconciliation pour le passé et, pour l'avenir, de construction d'une Europe redevenue maîtresse de son destin. Il le dit à Moscou, où il se rend en 1966; il le dit en Pologne et en Roumanie. Le Cambodge et le Québec entendent ses appels à la liberté des peuples. Il s'attire ainsi l'hostilité des États-Unis et même celle d'Israël, qu'il prévient contre les méfaits à venir – le terrorisme – de sa guerre de 1967. À l'intérieur, avec la prospérité économique, les progrès de la recherche civile et militaire (avion Caravelle; mise au point de la bombe atomique) sont les instruments de sa politique d'indépendance qui lui permettent de sortir la France de l'OTAN, en 1966. Réélu en 1965, de Gaulle doit affronter l'opposition des partis de gauche réunis autour de François Mitterrand. Mais c'est à l'université que la crise éclate en mai 1968. Devant l'émeute qui enflamme Paris et les grèves qui paralysent le pays, de Gaulle, dont les premières actions pour rétablir l'ordre puis la proposition d'un référendum sur la participation ont échoué, quitte l'Élysée pour rejoindre le général Massu à Baden-Baden, le 29 mai. Va-t-il se retirer ? Il revient le lendemain, pour dénoncer à la radio, comme il l'a fait dans les heures graves, la «menace totalitaire» et dissoudre l'Assemblée. Le parti gaulliste, l'Union pour la défense de la République (UDR), remporte triomphalement les élections de juin 1968. Mais, dès avril 1969, le Général entreprend de tester la confiance des Français en organisant un référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Le «non» l'emporte: il démissionne aussitôt, et assiste silencieux à l'élection de son successeur, Georges Pompidou, qui assure la pérennité du régime. Retiré à Colombey, il rédige le premier tome de ses « Mémoires d'espoir » (1970) et meurt brusquement, le 9 novembre 1970, dix-huit mois après avoir quitté le pouvoir.

* Voir aussi le site de référence incontournable http://www.charles-de-gaulle.org/
* Tourisme et découverte : http://www.charles-de-gaulle.org/pages/maison-natale.php  

DE LA CROIX (Allée Jean et Nicolas)

C’est sur des terres appartenant à Jean, ancien Seigneur de Torcy, et Nicolas, Sieur du Frémoy de la Croix qu'a été édifié l’ancien Couvent de Bénédictines. Décédés l’un et l’autre dans la seconde moitié du 17è siècle, ils sont les seuls « torcéens » à avoir été enterrés sous la nef de la première église de Torcy. A la démolition de celle-ci, leurs sépultures ont été transférées dans l’ancien cimetière (aujourd’hui « place Ancel de Garlande ») puis, à la fermeture de ce dernier, en 1895, dans l’actuel cimetière dont ils sont les plus anciens … résidents !
Voir Zoom La Terre Torcéenne

DESNOS (Square Robert)

Ecrivain et poète français (1900/1945). Parisien d'origine, il ne rejoint les poètes surréalistes et leur revue « Littérature » qu'au retour de son service militaire. Toutefois, il a fait paraître, dès 1919, un recueil d'une grande fraîcheur poétique, intitulé « Prospectus », qui, caractérisé par la quête du "nouveau", se place déjà sous l'influence d'Apollinaire et du dadaïsme. Dès ses premiers recueils, l'univers du poète est constitué d'un combinat détonnant de mythologie classique et de bandes dessinées. Avec ses amis surréalistes, Desnos se livre sans frein aux procédés de l'écriture automatique et aux récits de rêve ; il se révèle même le plus inspiré des "dormeurs" lors des expériences de "sommeil" hypnotique initiées par Crevel. De cette période expérimentale, le poète tire des contrepèteries1, dont la plus fameuse est « Rose Sélavy » (1922-1923), inspirée par Marcel Duchamp (qu'il considère comme son initiateur). Quant à son poème « À la mystérieuse », c'est l'une des plus belles illustrations de l'image poétique telle que la définit et telle que l'exalte le surréalisme. Desnos est également l'auteur de romans, « Deuil pour deuil » (1924), « la Liberté ou l'Amour »(1927), proses poétiques qui sont autant de traversées des domaines du rêve, rapportées - selon le mot de Breton - sous "dictée psychique". Le recueil « Corps et Biens » (1930) regroupe les poèmes de cette période, qui sont de véritables jeux de langage. Desnos s'essaye au journalisme, se passionne pour le cinéma (ses textes à ce propos furent rassemblés en 1966 dans « Cinéma »), mais aussi pour la radio, à laquelle il destine des poèmes radiophoniques (« la Complainte des fantômes », 1933). Dans ces années-là, il s'associe à la lutte antifasciste et aux travaux du Front populaire (« les Portes battantes », texte de 1936). Desnos est mobilisé en 1939. Durant l'Occupation, il écrit sous divers pseudonymes dans les revues clandestines d'Eluard et, avec des poèmes écrits en argot, prend vigoureusement parti contre le régime de Vichy, s'attirant par là les foudres de Louis-Ferdinand Céline. Ni l'humour, ni la fantaisie, ni la spontanéité ne font défaut à ses derniers écrits, qui chantent l'espoir et les misères humaines en un temps de tragédie. Arrêté en février 1944, Desnos meurt en déportation au camp de Terezin, en Tchécoslovaquie, la veille de la libération du camp par les troupes américaines.

* Source : Texte tiré du site http://proverbes-citations.com/
* Voir aussi http://www.robertdesnos.asso.fr/ 

1 Contrepet : interversion des lettres ou des syllabes d'un ensemble de mots spécialement choisis afin d'en obtenir d'autres dont l'assemblage ait également un sens, de préférence burlesque ou grivois. Exemples : " Je vous salis ma rue"/ la prière "Je vous salue, Marie" se transforme en une phrase provocatrice dans cette exemple de J.Prévert "Femme folle à la messe est volontiers molle à la fesse" F. Rabelais. Déjouant la censure sociale, le contrepet permet aux pulsions de se défouler par le langage. Sur le plan poétique, un écrivain surréaliste comme R.Desnos exploite la puissance de transgression du contrepet pour libérer les mots de la pensée logique. Soit cet aphorisme tiré de "Rrose Sélavy": "Les lois de nos désirs sont les dés de nos loisirs." Pour en savoir plus sur les contrepèteries voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Contrep%C3%A8terie et plus spécifiquement sur celles de Desnos http://www.fatrazie.com/selavy.htm

DOUVRES (Moulin de






Le moulin de Douvres (haut, à gauche) et les bâtiments annexes servant de logement au meunier et à ses aides (haut, à droite). Jusqu'aux années 1940, le site était particulièrement apprécié par les visiteurs "du dimanche" qui y pratiquaient pêche ou canotage.(milieu).Aujourd'hui; il ne reste plus que les piles du moulin (bas, à gauche) et le reste est proche de la ruine (bas, à droite) - Cartes postales éditées entre 1904 et 1929. © Photos 1993 Collection Gérard Burlet

Parfois orthographié "Douves", le lieu est cité, pour la première fois en 855 où il est décrit comme "in Valla dubro" ("la source dans la vallée"). Effectivement, on voit bien sur des plans du 17è siècle, la présence d'un cours d'eau prenant sa source approximativement au niveau de ce qui est maintenant la route de Noisiel. Ce qui tend à prouver que "Douves", dans le sens « agricole » ancien voulant que ce soit un fossé servant de limites aux champs et d'écoulement aux eaux, soit la bonne orthographe du lieu. Le moulin d'origine a été brûlé en 1590, lors de l'assaut de Lagny par le Duc de Parme et l'armée de Philippe II. Ce n'est qu'en 1629 qu'il est reconstruit. Jusqu'au 19è siècle, « Douvres » est un hameau rattaché à Torcy et dont les 8 habitants dépendent étroitement des activités liées au moulin. Jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale, et parce qu'à proximité immédiate des « cantines », son site va être un lieu apprécié de canotage. Depuis, il a servi d'abri au club de kayak, mais il y a bien longtemps que les bâtiments en dur sont en ruine et que du moulin proprement dit, à cheval sur le bras de la Marne, il ne reste plus rien. Les vestiges de ce dernier auraient été détruits par le souffle d'une bombe « égarée » lors du bombardement de la gare de de Vaires le 29 Mars 19441

1 « Les haricots verts sont cuits » telle est la phrase codée lancée sur les ondes, le 28 mars 1944 par la BBC pour annoncer le bombardement imminent de la gare de triage de Vaires. Un avertissement qui va permettre d'évacuer discrètement toutes les maisons des alentours. Le 29, à 21h15, les avions de la RAF sont au « rendez vous » et larguent leurs tapis de bombes durant près d'une demie-heure. A leur départ, tout est en feu et détruit et on compte par centaines le nombre de soldats allemands morts. L'intensité de ce bombardement a été telle que le souffle des explosions a détruit nombre d'édifices des alentours jusque y compris les vitraux de l'église de Champs sur Marne. La gare de Vaires va encore faire l'objet de bombardements après le débarquement de normandie (28 juin, 8, 12, 18 et 27 juillet 1944). Vaires qui est, à la Libération, une des villes les plus sinistrée du département, se verra décerner la Croix de Guerre au titre du « courage de sa population civile » . Pour en * savoir plus : http://villevaudeassocs.typepad.fr/villevaude/2012/06/le-train.html  

Anecdote : les 3 parties du moulin à eau sont : la roue, la vantellerie, le bief.
- La roue peut-être en dessous (ou roue à palettes ou à aubes); elle tourne par la seule poussée du courant. La roue en dessus (ou roue à augets ou à pots) est mue par le poids de l'eau emplissant les bacs. Le rendement est plus important. La roue de côté (ou roue de poitrine), pourvue d'aubes, est mise en mouvement par le choc et le poids de l'eau.
- La vantellerie : est l'ensemble des vannes qui donne au meunier la possibilité de régler le niveau de l'eau afin d'obtenir le maximum de la force motrice.
- Le cours d'eau en amont s'appelle le bief. Il faisait l'objet de soins constants de la part du meunier. Souvent, si le moulin était installé sur de petits cours d'eau, le paysan devait, lorsque l'hiver était rigoureux, aller porter son blé dans un moulin à vent car le gel paralysait la roue.

* * En savoir plus sur le Moulin de Douvres : http://lemarneux.over-blog.com/article-37054100.html 
En savoir plus sur les moulins à eau : http://www.moulinaeau.org/
Bonus : VISITEZ TORCY A TRAVERS 250 CARTES POSTALES ANCIENNES

DROITS DE L’ENFANT (Parc des)

Il s'agit du parc de la seconde mairie de Torcy. Son nom actuel lui a été attribué en 2004, suite à la demande du Conseil Communal de l’Enfance qui, pour célébrer le 15è anniversaire de la Convention internationale des Droits de l’Enfant, cherchait un lieu symbolique et fort.

* En savoir plus
Pour connaître le texte de la convention internationale
voir http://www2.ohchr.org/french/law/crc.htm 
Pour ce qui concerne les « ados » à partir de 13 ans,
voir aussi un site très complet et didactique http://www.droitsdesjeunes.gouv.fr

DROITS DE L’HOMME (Promenade des)

Le 26 août 1789, l’Assemblée nationale constituante vote la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ses dix-sept articles s'inspirent à la fois des philosophes français du XVIIIè siècle, Rousseau, Montesquieu, Voltaire, les Encyclopédistes et de la Déclaration d'indépendance américaine de 1776. Depuis cette époque, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est devenue une charte universelle de liberté.

Préambule

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.
Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.
Considérant qu’il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations.
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.
Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.

L’Assemblée Générale proclame la présente Déclaration Universelle des Droits de l’Homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

Article I - Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Article II - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l'oppression.
Article III - Le principe de toute souveraineté repose essentiellement dans la nation ; nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.
Article IV - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.
Article V - La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.
Article VI - La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Article VII - Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.
Article VIII - La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.
Article IX - Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
Article X - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.
Article XI - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
Article XII - La garantie des droits de l'homme nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée.
Article XIII - Pour l'entretien de la force publique et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être légalement répartie entre tous les citoyens en raison de leurs facultés.
Article XIV - Tous les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l'emploi et d'en déterminer la quantité, l'assiette, le recouvrement et la durée.
Article XV - La société a droit de demander compte à tout agent public de son administration.
Article XVI - Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution.
Article XVII - La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.

* Source : Texte tiré du site http://histoire-en-ligne.com/
Voir aussi Zoom " La Révolution et Torcy"

DUGUAY TROUIN (Allée René)

Né le 10 juin 1673 à Saint Malo d'une famille de marins, René Duguay-Trouin a voué sa vie à l'honneur des armes navales de la France. Son courage, son génie du commandement et de la guerre de course1 en font un bras armé essentiel pour Louis XIV dans sa lutte contre l'Angleterre, l'Espagne et la Hollande pour la maîtrise des mers et des routes commerciales. Aussi reçoit-il du Roi l'épée d'Honneur dès 1694. Anobli en 1709, il a à son actif la capture de seize navires de guerre et de plus de trois cent navires marchands. Ses lettres de noblesse lui attribuent la devise "Dedit haec insigna virtus" (le courage lui a donné sa noblesse). Embarqué sur un navire corsaire dès l'âge de 16 ans, capitaine-corsaire à 18 ans, capitaine de frégate de la Marine royale à 24 ans , ses années de commandement sont une suite de victoires retentissantes sur les flottes anglaise et hollandaise. En 1694, lors de sa seule défaite, sa capture par les Anglais est l'occasion pour le jeune Malouin de s'illustrer par une évasion rocambolesque de la prison de Plymouth. Mais le plus haut fait d'armes de Duguay-Trouin est la victoire de Rio de Janeiro le 21 septembre 1711. La rade, fermée par un goulet plus étroit que celui de Brest, protégée par sept vaisseaux portugais et défendue par sept forts armés par 12 000 hommes, est prise par les sept vaisseaux de l'escadre de Duguay-Trouin et ses 3 200 hommes de troupes de débarquement. Cet exploit marque la fin de sa vie embarquée. Il sert encore la marine avec le grade de Lieutenant général, commandant successivement la Marine à Saint-Malo, la Marine à Brest, puis l'escadre pour le Levant et enfin le port de Toulon. Il meurt en 1736.

* Source : Texte tiré du site http://netmarine.net/
* Anecdote : Duguay Trouin a donné son nom à un croiseur de la Marine Nationale, mis en service en 1926 et désarmé en 1952. Plus étrange est ce nom de marin donné à …un char du 2ème Cuirassier qui participe à la libération de Beaune en 1944 et qui est aujourd’hui conservé à Dijon. 
* En savoir plus sur les corsaires et pirates : http://www.pirates-corsaires.com  

1 Au début de leur histoire, les corsaires sont très semblables aux pirates. Ils commettent des actes isolés de brigandage sur les mers. Comme les pirates, les corsaires attaquent au hasard des rencontres, sans tenir compte de la nationalité des navires. Petit à petit des règles très strictes, édictées par le roi, sont mises en place pour définir ce brigandage sur mer. Les corsaires acceptent de s'y soumettre et il est bientôt admis par les marins que le roi est seul habilité à les nommer. Ces derniers, grâce à l'autorisation du souverain (la fameuse « lettre de course »), ont le droit d’attaquer tout navire ennemi pour le compte du roi et de celui qui arme le navire. Vauban, ministre de la guerre de Louis XIV, encourage fortement cette forme de brigandage qui harcèle l’ennemi et rend le commerce maritime peu sûr. Il réglemente sévèrement cette forme de guerre. C’est ainsi que l’Etat va payer l'armement des bateaux tout comme il va « payer » les corsaires en les autorisant officiellement à prendre une part du butin de leurs prises de guerre (un cinquième pour le Roi - cette quote-part fut supprimée pour le seul Duguay-Trouin en 1704 - un dixième pour l'amiral de France, deux tiers pour l'armateur et le restant pour l’équipage). Inutile de dire que les intéressés sont ravis de ces règles qui leur permettent de piller sans craindre de se faire punir par la loi. C’est la paix d’Utrecht signée en 1713 avec l’Angleterre et ses alliés qui met un terme à l’activité des corsaires.

DUMONT D’URVILLE (Allée)

Jules Sébastien César Dumont d'Urville est un marin français, né à Condé sur Noireau (Calvados) en 1790. Il entre dans la Marine en 1811. Polyglotte, il est curieux de tout et étudie l'Astronomie, la Géologie, l'Entomologie et la Botanique. En 1819, lors d'une escale dans l'île de Milos à bord de « La Chevrette », c'est lui qui fait acheter et ramène la « Vénus de Milo », désormais au musée du Louvre à Paris. De 1822 à 1829, à bord de « l'Astrolabe », il explore les côtes des îles Gilbert et Caroline, de Tahiti, des îles Malouines et d'une partie de l'Australie, des îles Fidji, des îles Loyauté, de la Nouvelle Zélande, des îles Tongas et des Moluques. Il retrouve également à Vanikoro les restes de l'expédition de La Pérouse (1828). Mais son grand dessein se concrétise avec sa volonté de descendre toujours plus au sud. Dès 1837, il part avec « l'Astrolabe » et « La Zélée », pour plusieurs campagnes d'explorations. Malgré les embûches de toutes sortes, scorbut, bateau prisonnier des glaces, il découvre dans l'Antarctique les terres Louis Philippe et Joinville en 1839. Le 20 janvier 1840, toujours plus au sud à la recherche d'une terre, le continent antarctique leur apparaît. Il nomme cette terre : Terre Adélie, du prénom de son épouse. A son retour à Toulon, d'Urville est promu au rang de Contre Amiral. Le gouvernement Français est si satisfait des résultats de l'expédition qu'il offre 15,000 francs or que les 130 survivants de l'expédition se partagent. Le 8 mai 1842, il a une fin tragique, non pas en mer, mais lors d'un voyage en train sur la première ligne de chemin de fer « Paris-Saint Germain »1

* Source : Texte tiré du site http://netmarine.net/

1 C'est la première catastrophe de l'histoire ferroviaire. Ce jour là, un train, composé de 2 locomotives et 17 voitures, transporte 768 voyageurs. A la hauteur de Meudon, sur une partie étroite et encaissée de la ligne, une locomotive déraille, entraînant un enchevêtrement des wagons dont cinq s'amoncellent les uns sur les autres jusqu'à plus de dix mètres de hauteur. Les braises issues des chaudières des locomotives mettent immédiatement le feu aux wagons de bois rendant tous secours impossibles. Cette catastrophe va faire une centaine de morts et environ 300 blessés. Un bilan très lourd du, bien sûr, à l'incendie mais aussi à l'habitude de fermer à clef les wagons de voyageurs avant le départ du train. Inutile de dire qu'après cette tragédie, qui faillit compromettre le développement du rail, on a abandonné cette soi disante « mesure de sécurité » ( !!)